La Boîte à Trucs Les inséparables

Tour n° 4

Les inséparables

Vous lui tendez le paquet. Elle coupe où elle veut. Elle mélange comme elle veut. Vous ne touchez plus à rien. Et pourtant, ce que vous avez annoncé avant qu'elle commence se réalise sous ses yeux, carte après carte.

D'abord, vivez-le

Ici, c'est vous le spectateur. Et c'est vous qui allez tout faire : couper, mélanger, choisir chaque carte une par une. Moi, je n'ai droit qu'à une seule chose — parler avant vous.

Ma promesse, faite avant que vous ne touchiez aux cartes

Coupez où vous voulez. Mélangez comme il vous plaira. Quand vous aurez fini, je reprendrai les cartes deux par deux, dans l'ordre où elles seront tombées. Et dans chaque paire il y aura une rouge et une noire. Huit paires. Huit fois juste.

Seize cartes — une rouge, une noire, une rouge, une noire

Coupez où vous voulez : cliquez sur une carte. Elle et toutes celles qui la précèdent partent sur la table.

Seize cartes à faire tomber

Le paquet posé sur la table
Le paquet resté dans sa main

Cliquez sur un paquet pour en faire tomber la carte du dessus. Dans l'ordre que vous voulez, autant de fois de suite que vous voulez du même côté. Personne ne vous regarde.

Votre mélange, dans l'ordre où vous l'avez fait

Plus rien n'alterne. Vous avez tout cassé.

Et maintenant, deux par deux

Comment je fais ?

Le secret

Il tient en un seul geste, et ce geste ne ressemble même pas à un geste de magicien.

Au départ, le paquet alterne : rouge, noire, rouge, noire. Vous l'avez préparé avant, tranquillement, personne ne l'a vu.

Elle coupe. Vous lui faites distribuer les cartes coupées une par une sur la table. Ce geste-là a l'air de rien. Il fait pourtant la seule chose qui compte : il retourne le paquet. La carte qui était dessous se retrouve dessus.

Et voilà ce que ça produit. Les deux paquets se font face, et leurs deux cartes du dessus sont toujours de couleurs opposées. Elles étaient voisines dans le paquet de départ, donc l'une est rouge et l'autre est noire. Forcément.

2cartes du même paquet
il alterne, donc elles diffèrent
·
1+1une de chaque paquet
les dessus sont opposés

À partir de là, essayez de trouver une façon de vous tromper. Vous ne pouvez pas.

Elle prend deux cartes du même paquet ? Ce paquet alterne, donc elles sont de couleurs différentes.

Elle prend une carte de chaque paquet ? Les deux dessus sont opposés, donc elles sont de couleurs différentes.

Et dans les deux cas, une fois ces deux cartes tombées, on se retrouve exactement dans la même situation qu'au départ. Alors ça recommence. Huit fois de suite.

Ce que vous ne surveillez pas

Rien. C'est la beauté du tour, et c'est ce qui le rend confortable à jouer.

La coupe ? N'importe où. Le mélange ? N'importe comment — six cartes d'affilée du même côté, ça marche pareil. Vous n'avez rien à compter, rien à retenir, rien à surveiller du coin de l'œil. Vous pouvez la regarder elle pendant tout ce temps-là.

Les deux seules choses qui peuvent tout casser

Un. Oublier de faire distribuer le paquet coupé carte par carte. Sans ce retournement, le tour tombe à plat une fois sur deux. Je l'ai vérifié : sur vingt mille essais sans ce geste, près de huit mille ratés.

Deux. Laisser couper une deuxième fois après le mélange. Une coupe de plus décale tout d'un cran, et les paires se disloquent. Après le mélange, on ne coupe plus : on retourne les cartes deux par deux, tout de suite.

Maintenant, entraînez-vous

Six questions tirées au hasard. Rien à apprendre par cœur : si vous avez compris le geste du retournement, vous les passez toutes.

Question 1 sur 6

Entraînement terminé

Emportez-le

La feuille contient la préparation à faire avant de jouer, les quatre gestes dans l'ordre, et au dos la notice complète : les phrases exactes, les deux pièges, et la version au jeu entier — cinquante-deux cartes, vingt-six paires, et une salle qui ne dit plus rien.

Sur téléphone, choisissez « Enregistrer en PDF » dans la fenêtre d'impression.

D'où vient ce tour. Il repose sur ce que les mathématiciens appellent le premier principe de Gilbreath, du nom de Norman Gilbreath, magicien et mathématicien américain qui l'a publié en 1958. Martin Gardner l'a fait connaître au grand public dans sa chronique du Scientific American, et le principe est depuis décrit dans toute la littérature des mathématiques récréatives. Domaine public. Un magicien cite toujours ses sources.

L'école des apprentis magiciens

Un tour chaque mercredi, chez vous

Ce tour vous a plu ? Un nouveau arrive tous les mercredis, dans votre boîte aux lettres. Expliqué en entier, avec sa feuille à imprimer. C'est gratuit, et vous partez quand vous voulez, en un clic.

Votre adresse sert uniquement à vous envoyer le tour du mercredi. Elle n'est ni vendue, ni prêtée, ni utilisée pour autre chose. Chaque envoi contient son lien de départ.

Toute la bibliothèque

Chaque tour de la Boîte à Trucs est expliqué en entier et repart avec sa feuille à imprimer.

Les inséparables

Un tour offert par Magic Ludor — magicludor.fr/boite-a-trucs

Le plan de travail. Gardez cette page sous les yeux les premières fois. La notice complète est au dos.

1. La préparation — trente secondes, avant qu'elle arrive

Prenez vingt cartes : dix rouges, dix noires. Rangez-les en alternant strictement, une rouge, une noire, une rouge, une noire. Posez le paquet face cachée. C'est tout. Personne ne doit vous voir faire ça.

R
N
R
N
R
N
R
N
R
N
R
N
R
N
R
N
R
N
R
N

Vingt cartes, strictement alternées. Le sens de départ n'a aucune importance : vous pouvez commencer par une noire.

2. Les quatre gestes, dans l'ordre

  1. Vous annoncez. Avant qu'elle touche aux cartes : « deux par deux, une rouge et une noire à chaque fois ».
  2. Elle coupe où elle veut. Vous ne regardez même pas où.
  3. Elle distribue le paquet coupé sur la table, une carte à la fois. ← le seul geste qui compte
  4. Elle mélange les deux paquets comme elle veut. Puis vous retournez les cartes deux par deux.

3. Le pense-bête

alterné
au départ
distribuée
carte par carte
plus aucune
coupe après

Si ces trois cases sont respectées, le tour ne peut pas rater. Rien d'autre n'est à surveiller.

Les inséparables — la notice

L'effet

Vous annoncez à voix haute ce qui va se passer. Elle coupe où elle veut, elle mélange comme elle veut, elle décide de tout — vous ne touchez plus une seule carte. Et les paires tombent juste, l'une après l'autre : une rouge, une noire. Dix fois de suite.

Le secret

Le paquet alterne au départ. Quand elle distribue les cartes coupées une par une sur la table, ce paquet se retourne. Dès lors, les deux cartes du dessus des deux paquets sont toujours de couleurs opposées — elles étaient voisines dans le paquet de départ.

À partir de là, plus rien ne peut mal tourner. Deux cartes prises du même paquet : il alterne, donc elles diffèrent. Une carte de chaque paquet : les dessus sont opposés, donc elles diffèrent. Et après chaque paire, on se retrouve dans la même situation qu'au début.

Ce que vous dites

  1. « Vingt cartes. Je ne vais plus y toucher, et vous allez tout faire vous-même. »
  2. « Avant de commencer, je vous annonce la fin : quand vous aurez terminé, je reprendrai les cartes deux par deux, et à chaque fois il y aura une rouge et une noire. » (Dites-le lentement. C'est votre engagement, et c'est là que se joue le tour.)
  3. « Coupez où vous voulez. Vraiment où vous voulez. »
  4. « Posez ces cartes-là une par une sur la table, comme ça, pour bien les brouiller. » (Le geste passe pour un brassage supplémentaire. C'est le seul moment où vous dirigez quelque chose.)
  5. « Maintenant mélangez les deux paquets. Comme vous voulez, n'importe comment, je ne regarde pas. »
  6. « Vous avez coupé, vous avez mélangé, je n'ai rien touché. Voyons si j'ai eu tort. » Puis vous retournez les cartes deux par deux, sans un mot.

Les deux pièges

Pour aller plus loin

Le jeu entier. Le tour marche à l'identique avec cinquante-deux cartes : vingt-six paires, une minute de révélation, et un silence qui s'installe. C'est la version à jouer devant plusieurs personnes.

La révélation lente. Ne retournez pas les paires vous-même. Faites-les retourner par elle, deux cartes à la fois. Le tour lui appartient alors complètement, et c'est elle qui découvre en même temps que les autres.

La prédiction écrite. Écrivez votre promesse sur un papier avant de commencer, pliez-le, donnez-le-lui à garder. À la fin, elle le lit à voix haute. Le tour devient une prédiction, et il change de catégorie.

La variante des couleurs. Au lieu de rouge et noire, alternez piques-cœurs et carreaux-trèfles, ou figures et petites cartes. Le principe ne demande que deux familles en nombre égal.

Pourquoi ça marche

Ce n'est pas une astuce : c'est une propriété qu'aucun mélange ne peut détruire. Les deux paquets se font face avec des dessus de couleurs opposées. Prenez deux cartes, d'où vous voulez : elles sont forcément différentes, et la situation se remet à zéro. Le mélange, aussi désordonné soit-il, n'est qu'une suite de ces choix-là.

C'est vérifiable jusqu'au bout : sur seize cartes, toutes les coupes croisées avec tous les mélanges possibles font 65 534 cas. Aucun ne rate.

D'où vient ce tour

Il repose sur ce que les mathématiciens appellent le premier principe de Gilbreath, du nom de Norman Gilbreath, magicien et mathématicien américain qui l'a publié en 1958. Martin Gardner l'a fait connaître au grand public dans sa chronique du Scientific American, et le principe est depuis décrit dans toute la littérature des mathématiques récréatives. Domaine public. Un magicien cite toujours ses sources.

Magic Ludor — magicien professionnel, Lille et région Nord — 06 20 37 11 63 — magicludor.fr
Un nouveau tour chaque mercredi : magicludor.fr/boite-a-trucs